


Il est grand temps de vous révéler pourquoi j'ai posé ma démission. Ce n'était ni un caprice, ni un coup de tête, mais une réelle nécessité : je subissais ce que l'on appelle le harcèlement moral de mon employeur.
La loi définit le harcèlement moral comme un ensemble d'agissements répétés "qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte aux droits du salarié et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel ".
Vous devez bien évidemment vous demander comment cela se traduisait : très simplement. J'ai commencé ce nouveau job il y a 3 mois. J'ai tout de suite dù travailler comme une forcenée, délaissant mes amis et ma famille ("allo, Mado ? On va se prendre un verre, tu viens ?" "Euh, bah en fait je suis au bureau..." "Mais... On est vendredi soir et il est 23h30 !!!" - je rappelle au passage que je fais du Marketing et non de la finance, et que mon salaire ne justifiait pas de tels horaires). Pendant les premières semaines, Big Boss était à peu près gentil. Mais les choses se sont gâtées quand j'ai terminé le catalogue et que j'ai repris un rythme plus normal, m'octroyant même le droit d'aller déjeuner à l'extérieur avec mes collègues. Visiblement, ce "relâchement" n'a pas plu à Big Boss : il a commencé à me rajouter un nombre incalculable de missions (plus ou moins de mon ressort : en tant que chef de produit, je ne vois pas vraiment pourquoi je serais chargée de la logistique, mais bon...) qui m'ont très vite dépassée !! Et c'est là que tout a basculé : Big Boss, lorsqu'il était de mauvaise humeur (parce que sa voiture n'avait pas démarré le matin ou qu'il avait fait un pet de travers) décrochait son téléphone et passait ses nerfs sur moi. J'avais régulièrement droit à des belles engueulades, du type "t'es mauvaise / tu ne sais vraiment pas travailler / je ne sais pas pourquoi je t'ai engagée / on ne va pas pouvoir continuer à travailler ensemble / tu t'es hyper bien vendue en entretiens (ciel, un compliment !!!), mais en fait tu n'assures pas derrière / je vais te virer...". Et j'en passe. J'ai pris sur moi. Pendant des semaines. Avec ça, la soeur de Big Boss (qui a également un très grand rôle dans cette boite) s'y est mise aussi. Ca devenait invivable. Mais je tenais bon. Jusqu'à ce fameux mardi matin. La veille, Big Boss m'avait fait comprendre qu'il serait de bon ton que je vienne le lendemain matin avant mon rendez-vous à l'extérieur. Pour info, mon bureau est au nord-ouest de Paris et le rendez vous au sud-est. Je suis donc arrivée au bureau à 7h30 (avec, comme tous les jours, la boule au ventre) et Big Boss ne m'a pas épargnée. Je suis restée très calme, mais en partant pour mon rdv, j'ai ouvert les vannes. Et comme il faut ! J'ai pleuré tout ce que j'avais accumulé au cours des derniers mois, sans plus pouvoir m'arrêter. Inutile de dire qu'en arrivant chez le client, j'avais piètre allure (mes collègues et la soeur de Big Boss, qui étaient là également, ont tout de suite compris. Il faut dire que les 5 personnes qui occupaient mon poste avant moi ont toutes fini dans le même état et n'ont pas tenu plus de 3 mois !). En sortant, j'avais tellement peur de retourner travailler que je suis allée voir le médecin : il m'a vue et il a compris ! J'avais perdu plus de 4 kilos, j'avais mal au ventre tout le temps, je ne dormais plus, ne mangeais plus. Ordonnance du docteur : dormir, manger tout ce que j'aime, sortir, voir des amis, aller au cinéma... C'est bien la première fois que j'ai un traitement aussi agréable à suivre ! J'ai donc repris du poil de la bête poids. Après une semaine de reflexion, j'ai enfin eu les couilles d'envoyer ma démission. Ca n'a pas été une décision facile à prendre : je viens de trouver l'appartement de mes rêves, mais il coute un bras, et quitter son boulot en plein mois de mai (quand la France s'arrête de travailler) sans avoir la moindre piste derrière n'est pas forcément la chose la plus intelligente à faire ! Mais bon, la santé avant tout !!!!
Aujourd'hui, je revis : je fais mes travaux, pas mal de tourisme, j'ai repris 3 kilos en 10 jours (ça, c'est grâce au week end en famille : la gigue de chevreuil, ça vous requinte en deux deux !) et je suis sur la short list pour un boulot génial avec un patron ADORABLE !!!! Je croise les doigts...
Ce n'est pas parce que je ne suis pas près d'avoir l'eau courante chez moi que je ne vais pas avancer mes travaux de déco. C'est donc par cette superbe journée que j'ai décidé, plutôt que d'aller travailler mon bronzage au Parc Monceau, de m'attaquer à la peinture de mon appartement. J'ai profité de l'occasion pour adopter le look Tecknival-été 2008 que j'ai pu observer le week-end dernier (tee-shirt pourri, jean destroy, vieilles baskets et turban). Bon, je crois que j'ai tout : la peinture, les pinceaux (3 tailles, pour parer à toutes les situations), l'échelle, le white spirit, et RFM en bruit de fond... Je commence dans les règles de l'art : je mets du scotch protecteur partout (du grand art, j'vous dis !!), je passe l'aspirateur à fond pour éliminer toute trace de saleté et de poussière, et je me lance. Quelques heures plus tard, j'ai terminé la première couche : je me recule pour admirer mon travail. Je suis particulièrement fière de la jolie niche que j'ai repeinte en blanc dans mon salon. Et là, c'est le drame : que vois-je ???? Inexorablement collée à la bordure de la niche, noyée dans la peinture immaculée... une ENORME mouche à merde, qui n'avait rien de mieux à faire en ce jour printanier que de s'introduire chez moi et de gacher tout mon beau travail.
Parfois, je me demande s'il n'y a pas quelqu'un là-haut qui joue avec mes nerfs...
Le plombier est venu ce matin pour règler mes problèmes de siphon. Il est arrivé à l'heure : le miracle (quand je dis à l'heure, il avait quand même prévu une fourchette assez large... ) !
Je me dirige vers la cuisine et lui montre le siphon :
- Voilà, c'est ici...
- OK, laissez moi regarder...
Il a pris un air inspiré, a trituré deux trois trucs et a reçu une espèce de gadou immonde sur les mains. Il a dit " Ah...". J'ai
demandé : "c'est grave docteur" ? Réponse : "il faut changer tout le système d'évacuation de l'évier et du lavabo, ça va prendre une quinzaine de jours".
J'ai dit "Arrrrghhhhh".
Crucey, chamant petit village d'Eure-et-Loir, perdu au beau milieu des champs de colza. Un véritable havre de paix, qui possède malgré tout une ancienne base de l'OTAN... C'est d'ailleurs cette base qui avait été utilisée il y a 3 ans pour l'organisation du Tecknival. Bilan 2005 : 35000 ravers déchaînés, des cultures détruites, des quantités astronomiques de drogues et d'alcool consommées, un mort et 90 cadavres de chiens retrouvés sur les lieux à la fin de la fête (oui, pour réussir à faire entrer de la drogue dans l'enceinte du camp qui accueillait la rave, certains "teufeurs" très imaginatifs ont fait avaler à des petits chiens - types Yorshire ou, pire, Westie- des capotes remplies de cachets. Une fois franchies les barrières de police, il leur a suffit d'éventrer les "mules" et de récupérer la marchandise... Facile, rapide, efficace). Le village a mis des semaines à s'en remettre... Les autorités l'avaient bien promis : "une fois, pas deux, c'est promis".
C'est donc pour faire honneur à cette promesse que les raveurs ont à nouveau organisé, avec l'accord du préfet, la dernière édition du Tecknival sur la base militaire de Crucey. Manque de chance, c'est à deux kilomètres de là que je passais le week-end !!! D'habitude, la gare de Verneuil-sur-Havre est plutôt calme, mais cette fois-ci, nous étions attendus à la descente du train par des grappes de gendarmes qui nous ont rassurés : "cette année, nous attendons 40000 ravers. Plus que la dernière fois". Effectivement, la "soirée" a duré 4 jours. Quatre LONGS jours, pendant lesquels il n'y a même pas eu une seule coupure de courant (qui aurait pû nous offrir quelques minutes de repos : même à 2 kilomètres, on avait l'impression que la rave avait lieu dans le jardin, alors j'imagine l'état des tympans des malades mentaux ivres et shootés qui s'en foutaient plein les oreilles à 50 cm des murs d'enceintes !!!). Oui, j'ai passé un week-end zen, calme et reposant...
Finalement, je pense que cette rave sera la dernière dans la région : non, le préfet n'a pas promis "plus jamais ça". C'est juste les "tefeurs", qui ont trouvé qu'il y avait "trop de flics, pas assez d'ambiance".

Ah, et pour perpétuer la tradition du 1er mai, j'ai posé ma démission...
Vous disiez ?